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Il y a quelques décennies, les habitudes alimentaires faisaient l’objet d’une transmission rigoureuse, à table (les enfants y apprenaient les « bonnes manières » et ne parlaient qu’au dessert), en cuisine (les mères transmettaient longuement les savoir-faire et traditions familiales à leurs filles), au jardin potager (la société était encore majoritairement rurale) et à l’Eglise (on mangeait « comme les curés disaient que Dieu voulait »). Et, ayant peur de manquer, on implorait chaque jour Dieu : « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Et on mangeait du boeuf pour être fort, de la salade pour être légère, du lait pour être pure, etc.
Tout cela a volé en éclat. Nous n’avons plus peur de manquer et sommes, soi-disant, devenus libres et adultes. En fait nous sommes angoissés comme jamais par la nourriture, nous avons peur de tout : de grossir, des pesticides, des OGM, de la malbouffe, de l’étranger, de l’agro-industrie, de la grande distribution, etc. Nous sommes devenus anorexiques, boulimiques, allergiques, et de plus en plus intolérants.
Nous voulons à la fois manger goûteux, sûr, traçable, biologique, hallal, casher, naturel, local, équitable, énergétique, beau, abordable, simple, pratique, rapide, diététique, équilibré, varié, traditionnel, moderne, issu du terroir, exotique, etc. Et nous nous étonnons de ne pas y arriver. Les femmes travaillent, comme les hommes, et on a donc inventé Danone et Carrefour pour pouvoir préparer un repas en 10 minutes, mais du coup « on ne sait plus ce qu’on mange ».
En définitive, pour les chrétiens européens, les écolos ont remplacé les curés dans le « magistère alimentaire » : on ne mange plus « comme Dieu veut », mais « pour être proche de la Nature ». Mais au fait, la Nature nous veut-elle vraiment du bien ?
N’y a-t-il pas énormément d’inconscient collectif derrière nos choix alimentaires ? Comment se transmet-il ? Pourquoi mange-t-on du porc et pas du chien, du boeuf mais plus de cheval, des escargots mais pas de sauterelles, etc. ? Pourquoi les Américains avalent-ils sans sourciller des OGM et les européens n’en veulent pas ? Quel est l’avenir du bio, et du local ? Qu’est-ce que bien manger ?
Conférence de Bruno PARMENTIER - Jeudi 2 février 2012 à 18 h 30 - ESA, Angers (49)
Tarifs : 6 € / Réduit 3 €
Renseignements / réservations : 02 51 83 23 75
Association culturelle du Passage Sainte-Croix
9 rue de la Bâclerie - 44000 Nantes
Tél. 02 51 83 23 75 / E-mail : accueil.passage@gmail.com
Bulletin technique du réseau Bio des Chambres d'agriculture des Pays de la Loire - N° 40-2012